Je me gare devant la résidence senior. Au-dedans, une sorte de curiosité paisible. Il y a quelques jours encore, il aurait été impossible pour moi d’imaginer m’engager dans ce type d’expérience. Quand dimanche une amie m’a demandé si cela m’intéressait de promener une femme en fauteuil et présentant des déficiences cérébrales, j’ai dit oui sans même réfléchir. J’ai dit oui car, tout simplement et contre toute attente, c’était joyeux en dedans. Quelques semaines plus tôt, j’avais déjà remplacé cette amie auprès une femme pour l’aider dans ses dossiers administratifs et j’avais grandement savouré la richesse de la rencontre.
De retour chez moi, appel avec la famille, arrangement au téléphone et… accord pour un passage à l’action immédiat. Une fluidité qu’on ne peut ni inventer ni forcer.
Une personne à l’accueil a été prévenue et est chargée de me présenter à S. À l’arrivée, pas d’hôtesse mais une femme qui roule son fauteuil vers moi. C’est elle. Je m’assois à ses côtés et lui indique l’objet de ma présence. Elle est surprise, déboussolée, elle ne comprend pas que sa fille ne l’ait pas prévenue… Je lui pose des questions auxquelles, parfois, elle ne sait pas répondre. Qu’importe. Au bout d’une demi-heure et l’absence prolongée de la personne chargée de m’accueillir, je décide de sortir. Le soleil est éclatant et je suis venue pour cela. Nous restons d’abord dans l’enceinte. Je sens qu’avec S. il faut y aller tranquillement. Puis nous roulons jusqu’au centre-ville. S. est ravie. Moi aussi.
Je vous raconte cette histoire, parce qu’il y a quelques temps déjà, j’ai pris conscience de mécanismes récurrents chez moi : le figement. Une sorte d’arrêt sur image qui me coupe de toute possibilité de mouvement. Ces périodes pouvaient durer des mois et m’entraînaient régulièrement dans des états dépressifs. Normal ! Par nature j’aime expérimenter, bouger et ces phases d’arrêt – même si j’avais appris à les accueillir et qu’elles n’étaient plus aussi insupportables – demeuraient désagréables. En septembre dernier, suite à une nouvelle période de paralysie, j’avais senti un changement intérieur : l’attente déçue s’était transformée en une décision ferme de mouvement.
Depuis, des portes très inattendues se sont ouvertes. Je vois que goûter les expériences nouvelles qui se présentent m’enthousiasment. Mieux, elles réactivent – plus que jamais – ce sentiment d’être en vie.
En écrivant ce message, je m’aperçois que c’est exactement ce que nous proposerons avec Thibault Samama lors de l’atelier Revel’action du samedi 18 avril prochain : écouter ce qui se vit à l’intérieur et se mettre en mouvement. Et souvent, le mouvement est d’abord un mouvement intérieur, comme cette décision intérieure ferme dont je vous parlais au début de ce post. Alors si vous avez envie de vous joindre à nous, faites-nous signe !
#retouràlavie#mouvement#vie#action#présence

#écriture#inspiration#écrire#écrireunlivre#doutes#DésirArdent#feuinterieur
Retrouvez « Aller simple pour Bali » sur les plateformes de ventes de livres en version numérique et en broché. Possible de me le commander en direct en m’écrivant à sylvie@sylvieretailleau.com